L’anesthésiste est un médecin spécialiste. Lors de la consultation d’anesthésie, il vous proposera une prise en charge adaptée à votre cas et vous expliquera la procédure anesthésique utilisée. Le médecin anesthésiste réalise l’anesthésie le jour de l’intervention et vous suivra en postopératoire pour la prise en charge médicale après l’intervention ainsi que la gestion de la douleur.

Vous trouverez toutes les informations en suivant le lien ci-dessous vers le Magazine de la santé de France 5. En effet, une équipe est venue suivre dans notre établissement la prise en charge optimisée que nous proposons aux patientes depuis plus d’un an.

Plus d’infos ici

L’anesthésie générale est un « coma » médicamenteux induit par l’administration de produits anesthésiques. Ce coma est réversible à l’arrêt des produits, et, est de profondeur variable en fonction du geste médical (coloscopie par exemple) ou chirurgical. Il n’y a pas de « petite anesthésie ». Les principales fonctions vitales sont préservées et le cœur ne s’arrête jamais (en dehors de situations exceptionnelles). En revanche, la conscience et donc les mécanismes ventilatoires (« respiration ») sont quasi systématiquement bloqués nécessitant une assistance au moyen d’un masque sur le visage ou d’une sonde d’intubation reliée à une machine.

Il n’existe pas à ce jour de données scientifiques et le bon sens devrait plutôt nous orienter vers cette question : « souhaitez vous être opéré sans anesthésie ?

Non. Les médicaments de l’anesthésie sont administrés en continu tout au long de l’intervention pour vous maintenir sous anesthésie. Leur effet est rapidement réversible suite à l’arrêt de leur administration garantissant un réveil rapide.

En terme médical, on parle de mémorisation peropératoire. Il s’agit du souvenir d’éléments survenus pendant l’anesthésie ou l’acte chirurgical. C’est un événement indésirable qui peut survenir lors d’une anesthésie générale.  Il s’agit d’un épisode très rare avec une fréquence entre 1/1000 à 2 /1000. Il existe des facteurs de risque comme une césarienne sous anesthésie générale, des patients « fragiles », les polytraumatrisés, la chirurgie cardiaque, des antécédents de mémorisation…
N’hésitez pas à en parler et à poser des questions !

Le risque de décès au cours d’une anesthésie chez un patient en bon état général est de 1 pour 250000. C’est donc exceptionnel, sensiblement identique au risque observé dans l’aéronautique.
Lienhart A., Auroy Y., Pequignot F. et al. – Survey of anesthesia-related mortality in France. Anesthesiology, 2006 ; 105(6) : 1087-1097.

La fatigue que vous pouvez ressentir après une opération est multifactorielle (chirurgie, anesthésie, médicaments pour la douleur, jeûn,…). Cette opération va induire un « stress » se traduisant par une réponse endocrinienne et inflammatoire nécessaire à votre guérison.
Martin F., Fletcher D. – Physiopathologie du stress et de l’agression péri-opératoires – DEQUAD RRAC (récupération rapide après chirurgie) – Paris, ARNETTE, 2007.

Vous trouverez une fiche de synthèse rédigée par la société française d’anesthésie-réanimation (SFAR) dans la rubrique liens utiles SFAR espace grand public.

La douleur n’ a aucun intérêt en périopératoire. Elle ne fera que ralentir votre récupération après l’intervention en altérant votre sommeil et freinant ainsi la kinésithérapie et votre activité.

L’exposition au froid en salle d’intervention peut entraîner des complications (saignement, infection, problèmes cardio-vasculaires) et donc, on utilise de façon quasi-systématique une couverture chauffante à usage unique.
Des complications pulmonaires peuvent survenir en post-opératoire et sont favorisées par des facteurs dus aux patients (âge > 50 ans, pathologie respiratoire pré existante (tabac), anémie…) et dus à l’acte chirurgical ( type de chirurgie, durée de la chirurgie, urgence).
Canet J, Gallart L, Gomar C, et al. Prediction of postoperative pulmonary complications in a population-based surgical cohort. Anesthesiology 2010;113: 1338 –1350.

La rachianesthésie est la technique d’anesthésie loco-régionale la plus répandue. Elle a pour but de bloquer de façon transitoire et réversible la motricité et la sensibilité des membres inférieurs et d’une partie de l’abdomen en injectant essentiellement des anesthésiques locaux. Il est difficile de parler de durée car elle dépend de la dose administrée qui est fonction du type de chirurgie. Néanmoins, on peut considérer que la force motrice est quasi normale dès la 4ème heure, puis revient la sensibilité, et le tonus vasculaire. La reprise d’une vidange normale de la vessie est parfois longue et, si elle s’est trop remplie pendant l’anesthésie, un sondage urinaire est parfois nécessaire.

Ces deux techniques d’anesthésie et ou d’analgésie loco régionales sont très couramment utilisées. La différence est « anatomique ». Lors d’une anesthésie péridurale (souvent pratiquée pour la gestion de la douleur lors des accouchements), le produit anesthésique est administré dans un espace cellulo-graisseux autour de la dure-mère alors que pour faire une rachianesthésie (appelées par certains « anesthésie rachidienne »), la dure-mère est franchie par l’aiguille. De plus, lors d’une anesthésie péridurale, un cathéter est quasiment systématiquement laissé en place permettant l’administration sur plusieurs heures de produits anesthésiques.

Les enquêtes réalisées auprès des femmes ayant accouchées révèlent que la péridurale est moins douloureuse que la perfusion et nettement moins douloureuse qu’une contraction utérine. Il peut arriver cependant que la péridurale soit perçue comme un geste douloureux par certaines aussi, n’hésitez pas à communiquer avec l’anesthésiste en consultation ou lors de la réalisation de celle-ci en salle d’accouchement.

La « petite anesthésie » n’existe pas et elle suggère qu’il n’y a pas de risque ce qui est inexact. Nous prenons des risques chaque jour dans notre vie quotidienne sans en avoir conscience. Ce qui est sûr, c’est que vous ne serez jamais autant surveillé qu’au cours d’une opération avec une surveillance continue par un anesthésiste réanimateur apte à gérer toutes complications.

La consultation d’anesthésie a pour but de mieux vous connaître médicalement et de vous proposer différentes techniques anesthésiques en ayant reçu une information claire et loyale. Sauf cas particulier où l’anesthésiste suggère fortement une technique en raison de la balance bénéfice risque défavorable à un mode d’anesthésie, vous pouvez choisir! Votre anxiété et vos craintes doivent être prises en compte. N’hésitez pas à en parler avec votre anesthésiste.

Les enfants sont parfois anxieux avant une anesthésie. Ils ont peur de se réveiller pendant l’opération à cause du bruit, de la lumière, d’un cauchemard… Il est essentiel de leur expliquer qu’il ne s’agit pas d’un « dodo » normal et qu’ils ne peuvent pas se réveiller. C’est le médecin anesthésiste qui arrête les médicaments (comme quand on ferme un robinet d’eau) permettant à l’enfant de se réveiller. Pour vous aider, n’hésitez pas à visionner avec votre enfant la vidéo mise en ligne par les Hopîtaux Universitaires de Genève (HUG) qui racconte le déroulement d’une intervention (rubrique information patients – vidéo éducatives puis cliquez sur le lien).

Il n’y a pas de durée de validité d’une consultation d’anesthésie. En effet, si l’acte chirurgical ou médical est différent, la technique d’anesthésie est susceptible d’être différente. Comme la consultation d’anesthésie a pour but de recueillir votre consentement éclairé pour une technique anesthésique si l’acte est différent les explications le seront également. En revanche (en dehors des urgences), il existe un délai légal entre la consultation d’anesthésie et l’acte anesthésique qui est de 48 h au minimum.
Ministère des Affaires Sociales, de la Santé et de la Ville. Décret n° 94-1050 du 5 décembre 1994 relatif aux conditions techniques de fonctionnement des établissements de santé en ce qui concerne la pratique de l’anesthésie et modifiant le Code de la Santé Publique (troisième partie : décrets). Journal Officiel de la République Française, 8 décembre 1994 ; 17383-5.

Ce qui est appelé « dépassement d’honoraire » et qui devrait plutôt s’appeler compléments d’honoraire, est dû au désengagement de la sécurité sociale depuis 30 ans se caractérisant par une absence de réévaluation des tarifs. Quelques vérités:

Le secteur 2 n’existerait pas si les actes pratiqués en secteur 1 étaient rémunérés à leur juste valeur.

    • Un grand nombre de mutuelles préfèrent rembourser les chambres seules, faire de la publicité à outrance, sponsoriser des stades de foot-rugby ou des courses de voiture, bateaux… plutôt que de vous rembourser des soins.
      l’innovation médicale (chirurgie robotisée, utilisation de l’echographie, analgésie loco-régionale,…) n’est pas prise en compte par la sécurité sociale et donc …pas encouragée (nivellement par le bas).
      Les médecins secteur 2 soignent tout le monde (CMU, AME, urgences, …) au tarif secteur 1, et, lorsque des compléments d’honoraire sont pratiqués, un devis est toujours remis et le montant est adapté à votre contrat de mutuelle expliquant ainsi la variation des tarifs.
      Pour finir, dans l’immense majorité des cas les médecins secteur 2 s’adaptent à votre mutuelle pour que votre reste à charge soit infime voir inexistant. Demandez à votre mutuelle d’adapter ses cotisations à vos revenus, j’ai une idée de la réponse !

Plus d’infos

Chaque médicament anesthésique est adapté à l’état de santé du patient et au type de chirurgie qu’il doit subir. Chaque individu est différent pour des raisons génétiques, et en fonction des pathologies qu’il présente. Ainsi la quantité de médicament anesthésique variera avec : âge, poids, sexe, médicaments en cours, pathologie cardiaque, respiratoire, …).
Parmi les indicateurs qu’utilise l’anesthésiste, il y a : la fréquence cardiaque, la pression artérielle, l’oxygénation, la production de gaz carbonique, l’enregistrement de l’activité électrique du cerveau, la concentration expirée de gaz anesthésique.
Parce que chaque individu est différent, l’anesthésiste ajustera cette quantité de médicament anesthésique au cas par cas.

Il est vital que votre estomac soit vide au moment de l’anesthésie. En effet, lors de l’anesthésie, tous les réflexes de protection disparaissent. Ainsi, si l’estomac est plein, le contenu de l’estomac peut remonter dans les cas les plus graves, inonder vos poumons. Ce contenu est très acide et peut léser très gravement vos poumons de façon prolongée.

Vous ne devez pas fumer avant une opération ! Cela permettra d’améliorer les résultats de la chirurgie (réduction de l’infection du site opératoire, amélioration de la cicatrisation et de la consolidation osseuse,…).
C’est une excellente opportunité pour arrêter définitivement de fumer et cela renforce votre motivation et vos chances d’arrêt définitif.

De nombreuses recherches ont lieu sur l’impact de certains régimes alimentaires et certaines herbes sur l’anesthésie et la douleur.
Certaines herbes augmentent la durée de l’anesthésie, d’autres augmentent le saignement. Il est donc essentiel que vous signaliez à votre anesthésiste toutes les substances que vous prenez avant une opération.

Il s’agit d’un patient qui utilise internet à la recherche d’informations médicales spécifiques. Il utilise des moyens de communications électroniques (réseaux sociaux, …) pour discuter.

Les tatouages et piercings sont à la mode depuis les années 1990. Ils peuvent être à l’origine de problèmes médicaux (infections bactériennes ou virales (hépatites B et C, VIH ; saignement ; allergie ; douleur). Cette mise au point permet de donner quelques explications aux patients porteurs de ce type de décoration. Le risque des piercings du nez et de la langue est dû au risque d’inhalation (poumon) ou d’ingurgitation lors de l’anesthésie générale ainsi que de saignement et oedèmes des voies aériennes.
Pour les tatouages, à ce jour, aucune complication grave n’a été rapportée dans la littérature. Cependant, en raison de l’absence de recul à long terme, il est recommandé de ponctionner en peau saine ou de réaliser une incision du derme avant d’introduire l’aiguille de péridurale.
Mercier FJ, Bonnet MP. Tattooing and various piercing: anaesthetic considerations. Curr Opin Anaesthesiol. 2009 Jun;22(3): 436-441.

n effet, la population vieillissant, les médecins sont confrontés à des demandes de patients âgés désireux de maintenir une certaine qualité de vie. La décision de procéder à une chirurgie doit faire l’objet d’une évaluation globale du patient ainsi que d’une information claire sur les bénéfices et risques attendus. La principale question à poser au patient vise à connaître ses attentes. Ensuite, il faudra mettre en place une stratégie d’optimisation du patient passant par une prise en charge nutritionnelle (évaluation et support nutritionnel), fonctionnelle (appareils d’assistance, réhabilitation péri-opératoire), cognitive (maintien prothèses visuelles et auditives, limitation des sédatifs,…).
Oresanya LB, Lyons WL, Finlayson E. Preoperative assessment of the older patient: a narrative review. JAMA. 2014 May 28;311(20):2110-20.

« Je tolère très mal la morphine et je n’en veux surtout pas ? »

« Pourquoi avons nous des douleurs au niveau de la gorge après une anesthésie générale? »

Posez vos questions sur l’anesthésie en général via le formulaire ci-dessous, elles seront éventuellement ajoutées à cette liste (aucune question personnelle ne sera traitée car c’est le rôle de la consultation avec votre anesthésiste) :

S'il vous plaît patienter ...